Accueil / économie / Omar Alilat : « L’Algérie est un pays à fort potentiel d’investissement »

Omar Alilat : « L’Algérie est un pays à fort potentiel d’investissement »

Omar Alilat

Ancien vice-président de la Commission des finances de l’Assemblée populaire nationale, aujourd’hui conseiller stratégique en investissement, Omar Alilat défend depuis plus de dix ans la même idée : l’Algérie a les moyens d’attirer l’investissement, à commencer par celui de sa propre diaspora. Portrait d’un élu devenu conseiller stratégique, dont les positions ont souvent précédé les réformes.

Un homme de terrain formé à Londres

Omar Alilat est né en 1962 à Sidi-Aïch, dans la vallée de la Soummam, en Kabylie. Il grandit sur la ferme familiale d’Ikhlidjen, dans une famille terrienne où l’on apprend tôt qu’un patrimoine se fait fructifier et se transmet.

Le tournant vient de l’étranger. Il part étudier le marketing à Londres, une discipline alors quasi absente d’une économie algérienne pensée en volumes de production et en plans. Il en rapporte une méthode simple, presque subversive dans l’Algérie du monopole d’État : partir des besoins du marché plutôt que de ce que l’on sait produire. Cette grammaire guidera la suite, dans l’entreprise comme en politique.

Dix ans à l’Assemblée, côté finances

En 2007, Omar Alilat est élu député de la wilaya de Béjaïa. Il siège deux mandats à l’Assemblée populaire nationale, jusqu’en 2017. En 2012, il y occupe deux fonctions qui dessinent son profil : vice-président de la Commission des finances et du budget, là où se discutent chaque année les lois de finances, et vice-président du groupe d’amitié parlementaire algéro-français, à la charnière des relations économiques entre les deux rives.

Béjaïa, wilaya portuaire à forte densité industrielle, lui apporte une connaissance concrète des obstacles que rencontre le secteur privé : le crédit difficile à obtenir, le foncier industriel rare, une réglementation instable. Ces sujets traversent ses interventions publiques.

Paris, 2012 : l’appel à la diaspora

En octobre 2012, l’Algérie fête les cinquante ans de son indépendance. À Paris, Omar Alilat intervient en marge d’un colloque organisé par REAGE, association de cadres algériens de l’étranger, sur le potentiel de croissance du pays.

Son message tient en deux idées. La première : l’Algérie est selon lui un pays à « vaste potentiel, voire fort potentiel d’investissement », appuyé sur ses équilibres financiers, et la coopération économique algéro-française doit s’intensifier. La seconde s’adresse directement aux Algériens de l’étranger, ingénieurs comme managers. Il les invite à venir « apporter leurs pierres dans l’édification de ce grand pays ».

L’appel n’a rien d’abstrait pour lui : il appartient lui-même à cette génération partie se former à l’étranger avant de revenir appliquer ses méthodes au pays.

2016 : ouvrir le capital, accompagner les PME

En janvier 2016, alors que l’Assemblée examine la loi de finances, il débat du texte dans l’émission Tamurt iw, animée par Ahmed Djennadi. Il y défend une opposition parlementaire qu’il veut constructive, et discute l’article 66, qui prévoit l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques, l’État conservant une minorité de blocage. Il plaide aussi pour l’accompagnement des PME en difficulté.

Ouvrir le capital, soutenir le privé, faire venir des investisseurs : en 2016, ces positions restent débattues. Quelques années plus tard, l’ouverture deviendra la ligne affichée des pouvoirs publics.

Des idées rattrapées par les réformes

La loi de finances 2020 lève la règle du 51/49 pour les activités non stratégiques. La loi 22-18 du 24 juillet 2022 crée un guichet unique pour les grands projets et garantit le transfert des dividendes. En trois ans, plus de 15 000 projets d’investissement sont enregistrés par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement.

Le chantier de la diaspora, lui, reste ouvert. Environ un million de personnes nées en Algérie vivent en France selon l’Insee. Pourtant, d’après le Fonds international de développement agricole, l’Algérie n’a reçu que 1,79 milliard de dollars de transferts de fonds en 2025, contre 13,7 milliards pour le Maroc. Quatorze ans après l’appel de Paris, le gisement qu’identifiait Omar Alilat reste largement inexploité.

De l’hémicycle au conseil stratégique

À l’issue de son second mandat, en 2017, Omar Alilat se consacre au conseil stratégique et à l’accompagnement de projets d’investissement. Le passage n’est pas une rupture : c’est le prolongement de ce que sa formation annonçait depuis le départ. Après avoir porté à l’Assemblée les doléances des entrepreneurs de Béjaïa, il met aujourd’hui sa connaissance des rouages économiques et institutionnels au service de ceux qui investissent.

Son parcours tient en une ligne continue. Le vocabulaire de 2012 (investissement, coopération, retour des compétences) est celui de l’Algérie économique de 2026. Et le défi qu’il lançait alors à la diaspora reste entier : transformer l’attachement au pays en capital investi.

Le parcours complet d’Omar Alilat est à retrouver sur omar-alilat.com.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *