Les élections locales en Algérie 2026 auront lieu le samedi 28 novembre 2026. Les électeurs désigneront pour cinq ans les membres des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW). Le scrutin est organisé sous la responsabilité de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).
Le vote se déroule en principe de 8 h à 19 h, sous réserve d’éventuelles adaptations autorisées localement conformément au cadre électoral. L’électeur doit voter dans le bureau où il est inscrit et justifier de son identité. La carte d’électeur facilite l’identification du bureau, mais un électeur régulièrement inscrit peut voter avec une pièce d’identité même s’il ne dispose pas de sa carte.
Le scrutin intervient dans un contexte inédit : la nouvelle organisation territoriale compte désormais 69 wilayas et 1 541 communes. La campagne électorale commencera officiellement le 5 novembre et prendra fin trois jours avant le vote. Les candidatures ont également suscité des contestations de plusieurs partis après des décisions de rejet prises par l’ANIE.
Quelle est la date des élections locales en Algérie en 2026 ?
Les élections des APC et des APW sont fixées au samedi 28 novembre 2026. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a convoqué le corps électoral par le décret présidentiel n° 26-284 du 29 août 2026, dont la publication et l’annonce sont intervenues le 30 août.
Les précédentes élections locales avaient eu lieu le 27 novembre 2021. Les conseillers communaux et de wilaya étant élus pour cinq ans, le rendez-vous de novembre 2026 renouvelle l’ensemble de ces assemblées.
Le calendrier électoral se présente ainsi :
- 29 août 2026 : décret présidentiel convoquant le corps électoral ;
- 6 septembre 2026 : début de la révision exceptionnelle des listes électorales ;
- 17 septembre 2026 : fin de la période prévue pour cette révision exceptionnelle ;
- 8 octobre 2026 : échéance pour le dépôt des déclarations collectives de candidature ;
- 5 novembre 2026 : ouverture officielle de la campagne électorale ;
- 24 novembre 2026 : fin de la campagne, trois jours avant le scrutin ;
- 28 novembre 2026 : vote pour les APC et les APW.
L’ANIE a indiqué le 29 octobre que la campagne débuterait officiellement le 5 novembre. Le droit électoral prévoit sa clôture trois jours avant le scrutin, ouvrant ainsi une période de réserve jusqu’au vote.
À quelle heure ouvrent les bureaux de vote le 28 novembre ?
Le cadre réglementaire applicable prévoit un scrutin ouvert à 8 h et clos à 19 h. Des adaptations peuvent toutefois être décidées dans certaines communes selon les conditions prévues par la réglementation électorale.
Pour éviter toute difficulté le jour du vote, l’électeur doit surtout vérifier à l’avance son centre et son bureau. Les services numériques de l’ANIE permettent de contrôler l’inscription électorale ainsi que le numéro et l’adresse du bureau de vote.
La carte d’électeur comporte également ces informations. Lorsqu’une carte n’a pas été retirée, elle peut être mise à disposition au centre de vote. Un dispositif d’information et d’orientation peut également aider les électeurs à retrouver leur bureau.
Quels documents faut-il présenter pour voter ?
L’élément indispensable est la vérification de l’identité et de l’inscription de l’électeur sur la liste du bureau concerné.
La détention matérielle de la carte d’électeur n’est pas une condition absolue pour exercer son droit de vote : un électeur inscrit peut voter dans son bureau en présentant une pièce d’identité. La carte reste néanmoins utile puisqu’elle indique notamment le numéro et l’adresse du bureau.
Le vote doit être effectué dans le bureau correspondant à l’inscription électorale. La révision exceptionnelle organisée en septembre a porté le corps électoral à 24 236 959 électeurs inscrits à l’intérieur du pays, selon le bilan communiqué par l’ANIE en octobre.
Quelle différence entre l’APC et l’APW ?
L’électeur choisit des représentants à deux niveaux territoriaux distincts. C’est l’une des différences essentielles à comprendre avant les élections locales.
L’APC agit à l’échelle de la commune
L’Assemblée populaire communale est l’organe délibérant de la commune. Ses décisions concernent directement la gestion locale : équipements communaux, aménagement, services de proximité, développement local et utilisation des moyens financiers relevant de la commune.
Le président de l’APC, couramment assimilé au maire, joue parallèlement un rôle central dans l’administration communale et l’exécution des délibérations de l’assemblée.
L’APW intervient à l’échelle de la wilaya
L’Assemblée populaire de wilaya représente le niveau territorial supérieur. Son champ d’intervention concerne des enjeux qui dépassent une seule commune et s’inscrivent dans le développement de la wilaya.
APC et APW ne doivent donc pas être confondues avec l’Assemblée populaire nationale : les élections du 28 novembre sont des élections locales et ne servent pas à élire les députés de l’APN.
Comment fonctionne le mode de scrutin des APC et APW ?
Les membres des APC et des APW sont élus pour cinq ans selon un scrutin de liste ouverte à la représentation proportionnelle avec vote préférentiel, sans panachage.
Le principe a deux conséquences. Les voix déterminent d’abord la représentation obtenue par les différentes listes. Le vote préférentiel permet ensuite aux électeurs d’influer sur le classement des candidats au sein de la liste choisie.
L’électeur ne compose donc pas librement une liste en mélangeant des candidats appartenant à plusieurs listes : le panachage n’est pas autorisé.
Après le scrutin, les sièges sont attribués selon les mécanismes prévus par la loi électorale. Le nombre de sièges à pourvoir varie notamment en fonction de la population de la circonscription.
Comment est choisi le président de l’APC après les élections ?
Voter pour une liste communale ne revient pas simplement à élire directement un maire au moyen d’un bulletin distinct. Après la proclamation des résultats, l’Assemblée populaire communale élit son président parmi ses membres selon les règles prévues par la législation communale.
Lorsqu’une liste détient la majorité absolue des sièges, elle peut présenter un candidat à la présidence de l’APC. Si aucune liste ne dispose de cette majorité, les règles ouvrent la candidature aux listes atteignant le seuil requis, puis, lorsqu’aucune n’atteint ce niveau, aux autres listes selon les conditions légales applicables.
L’élection du président intervient ensuite au sein de l’assemblée. Cette étape explique pourquoi les équilibres entre listes après le scrutin peuvent être déterminants dans les communes où aucune formation ne domine seule le conseil.
Que change le passage à 69 wilayas pour les élections locales 2026 ?
Le scrutin du 28 novembre est le premier rendez-vous local organisé intégralement dans le cadre de la nouvelle carte territoriale comptant 69 wilayas.
Ce changement ne se limite pas au numéro administratif d’une wilaya. La création de nouvelles collectivités entraîne une redéfinition des circonscriptions et une nouvelle répartition de la représentation au sein des assemblées concernées.
Le nombre de sièges des assemblées dépend de la population issue du recensement retenu pour leur répartition. L’élargissement de la carte administrative se traduit donc par une hausse du nombre total de mandats à pourvoir.
Pour les APW, l’ANIE a annoncé 2 855 sièges en 2026, contre 2 350 lors des élections de 2021. Pour les APC, 26 575 sièges sont à pourvoir, contre 24 891 en 2021.
Dans les wilayas nouvellement créées, des dispositions transitoires ont également été prévues pour la présentation de certaines listes. Elles tiennent notamment compte des résultats ou de la représentation des partis dans les wilayas mères.
Combien de candidats participent aux élections APC et APW 2026 ?
Le bilan établi après la clôture des dépôts faisait état de 162 864 candidatures aux deux niveaux du scrutin.
| Scrutin | Listes déposées | Candidats | Sièges à pourvoir |
|---|---|---|---|
| APC | 5 631 | 141 388 | 26 575 |
| APW | 434 | 21 476 | 2 855 |
Pour les APC, 5 371 listes avaient été déposées sous l’égide d’un parti, 239 étaient indépendantes et 21 provenaient d’alliances de partis. Pour les APW, l’ANIE recensait 405 listes de partis, 24 listes indépendantes et cinq listes d’alliances.
Ces chiffres correspondent au bilan des dépôts. Le nombre définitif de candidats effectivement en lice peut être affecté par les décisions de rejet, les recours et les procédures de remplacement prévues par la réglementation.
Pourquoi certaines candidatures ont-elles été rejetées par l’ANIE ?
La validation des candidatures constitue l’un des principaux sujets de controverse de la préparation du scrutin. Plusieurs formations, notamment le Parti des travailleurs, le FFS, Jil Jadid et le RCD, ont publiquement contesté certaines décisions de rejet et critiqué les critères ou leur application.
De son côté, l’ANIE indique examiner les dossiers au regard des conditions prévues par la loi et affirme que les décisions de rejet doivent être motivées.
Les motifs communiqués par l’Autorité comprennent notamment :
- l’absence de documents légalement exigés ;
- la non-inscription sur la liste électorale de la circonscription concernée ;
- le non-respect de l’âge minimum requis ;
- une situation non régularisée au regard du service national ;
- certaines condamnations définitives prévues par la loi ;
- l’absence de justification de la situation vis-à-vis de l’administration fiscale ;
- les autres situations d’inéligibilité prévues par la loi électorale.
L’ANIE a publié le 19 octobre un bilan provisoire faisant état de trois listes APC rejetées sur les 5 631 déposées et de six listes APW rejetées sur 434. Ces chiffres relatifs aux listes intégralement rejetées ne correspondent pas au nombre total de candidatures individuelles écartées à l’intérieur des listes.
Les critiques des partis et la position de l’ANIE doivent donc être distinguées : les premières contestent certaines décisions ou leur fondement, tandis que l’Autorité soutient appliquer les conditions légales prévues pour l’éligibilité.
Quel recours est possible lorsqu’une candidature est refusée ?
Un rejet ne met pas nécessairement fin immédiatement à la procédure. La loi prévoit qu’une décision de refus doit être motivée et notifiée dans les délais prescrits. Le candidat ou la liste concernée peut ensuite saisir la juridiction administrative compétente selon les modalités prévues par la législation électorale.
Cette intervention du juge est importante : l’ANIE prend la décision administrative initiale sur la conformité de la candidature, tandis que les contestations de cette décision peuvent être portées devant la juridiction compétente.
L’ANIE avait également ouvert une procédure permettant de remplacer certains candidats concernés par un rejet jusqu’au 28 octobre 2026.
Quel est exactement le rôle de l’ANIE ?
L’Autorité nationale indépendante des élections occupe le centre du dispositif électoral. Elle intervient dans la préparation, l’organisation, la gestion et la supervision de l’opération électorale, ainsi que dans l’examen des dossiers de candidature relevant de ses compétences.
Pour les élections locales de 2026, elle a notamment organisé la révision électorale, reçu et examiné les candidatures, préparé l’encadrement des bureaux de vote et organisé la répartition des temps d’intervention des candidats dans les médias audiovisuels publics.
Cette présence dans les médias se prolonge pendant toute la campagne, avec la couverture des meetings, des prises de parole et des principaux temps forts du scrutin. Pour suivre l’actualité électorale et les émissions consacrées au vote, il est possible de consulter les principales chaînes de télévision algériennes, notamment celles qui accordent une place importante à l’actualité politique nationale et locale.
Cette fonction doit être distinguée de l’appui matériel fourni par l’administration. Lors des scrutins organisés sous le cadre actuel, l’administration met les moyens logistiques nécessaires à disposition de l’Autorité, sans se substituer à celle-ci dans ses compétences électorales.
Quelle place pour les listes indépendantes face aux partis ?
Les partis politiques restent largement majoritaires dans l’offre électorale de 2026. Sur les 5 631 listes communales déposées, 239 étaient indépendantes. Pour les APW, 24 listes indépendantes ont été enregistrées sur un total de 434.
Leur poids national reste donc nettement inférieur à celui des formations politiques, mais cette comparaison nationale ne suffit pas à mesurer leur influence. Une liste indépendante peut peser beaucoup plus fortement dans une commune déterminée, notamment lorsque les enjeux électoraux sont très localisés et liés à la personnalité des candidats.
Le scrutin de liste ouverte avec vote préférentiel renforce d’ailleurs l’importance du profil individuel des candidats, y compris à l’intérieur des listes présentées par les partis.
Pourquoi l’absence aux élections peut-elle poser problème à un parti politique ?
La nouvelle loi organique relative aux partis politiques adoptée en 2026 comporte une disposition peu souvent mentionnée dans la couverture des élections locales.
Son article 87 prévoit que le ministre chargé de l’Intérieur peut demander devant la juridiction compétente la dissolution d’un parti en cas de défaut de présentation de candidats à au moins deux échéances électorales consécutives.
Il ne s’agit donc pas d’une dissolution automatique après une absence. La loi prévoit une demande de dissolution devant la justice. Cette distinction est essentielle pour comprendre la portée exacte du dispositif.
Les dates à retenir avant le 28 novembre
À partir du 5 novembre, partis, alliances et listes indépendantes entreront dans la phase officielle de campagne. Celle-ci doit permettre aux candidats de présenter leurs programmes avant sa clôture trois jours avant le scrutin.
Entre la fin de la campagne et l’ouverture du vote, la période de réserve vise à interrompre la propagande électorale avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.
Pour un électeur, les démarches prioritaires sont désormais simples : vérifier son inscription, identifier son centre et son bureau de vote, puis se munir le 28 novembre d’une pièce permettant de justifier son identité.













